Archives de l’auteur : Cyril Quémeras

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Abandon du logo HON

Médicalistes a décidé de ne pas renouveler son adhésion au label HONcode

et de ne plus faire figurer le logo correspondant sur son site Web

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 HONcode, c’est quoi ?

  • Ce label, créé par la fondation suisse Health On the Net (HON) en 1996, est attribué aux sites du domaine de la santé qui en font la demande en s’engageant à respecter huit principes, répondant à des critères de qualité, notamment: des bonnes pratiques éditoriales (origine des informations, références scientifiques), la confidentialité des données collectées, la transparence sur le financement du site, et une séparation claire entre la publicité et le contenu éditorial.

 Pourquoi avoir initialement sollicité HONcode ?

  • En 2007, la Haute Autorité de Santé, chargée par les pouvoirs publics de mettre en place une certification des sites de santé, a choisi d’établir un partenariat avec HON pour la réalisation de cette mission. C’est dans ce contexte que Médicalistes a demandé et obtenu en août 2007 le label HONcode afin de confirmer et souligner, par un repère bien visible, son attachement à la qualité de l’information.
  • Depuis sa création en 1996, Médicalistes s’est attaché, en permanence, à maintenir son exigence de qualité, bien qu’il ne soit pas un producteur d’information médicale, mais surtout un hébergeur de listes de discussion. C’est dans cet esprit qu’en 2007 une Charte, produite par un groupe de travail réuni à la demande d’Eurordis, est venue préciser et compléter la Netiquette, trop sommaire, utilisée par les gestionnaires de chaque liste pour veiller au bon déroulement des échanges entre les abonnés.

 Pourquoi abandonner HONcode ?

  • Aujourd’hui, le label HON ne semble plus suffisant pour être un marqueur de la qualité d’un site Web de santé: actuellement arboré par 900 sites français environ sur un total de 9 000, le label est attribué à plusieurs sites ne respectant pas les huit principes définis par HON, notamment la séparation entre publicité et contenu éditorial, et la gestion des conflits d’intérêt.
  • Le label est affiché sur plusieurs sites que Médicalistes estime sans utilité ni intérêt.
  • Le HONcode ne s’applique, en aucun cas, à la qualité du contenu d’un site. Plus encore, il entretient la confusion dans l’esprit des utilisateurs quand il nomme « certification des sites de santé », avec le concours de la HAS, ce qui n’est qu’une labellisation soulignant le respect de bonnes pratiques.
  • Le HONcode n’a pas évolué depuis sa création et n’a pas su prendre en compte l’émergence des nouveaux outils de communication appartenant à ce qu’il est convenu d’appeler le Web 2.0 (listes de discussion, blogs, wikis, communautés en ligne…) et s’y adapter.

 La politique de Médicalistes va-t-elle changer ?

  • Non, bien sûr 🙂 Pour les raisons exposées ci-dessus, Médicalistes n’affiche plus le label HONcode depuis le 12 mars 2011, mais continuera à appliquer et renforcer son contrôle de qualité interne, s’appuyant sur des textes de référence, dont la Charte des listes de discussion, mais aussi sur la vigilance de son équipe et du réseau constitué par ses milliers d’abonnés.

 Faut-il rejeter le Honcode ?Anti-HON-code_small.png

  • Notre décision de ne pas renouveler notre labelisation HONcode et de vous inviter à la vigilance est le fruit d’une réflexion nourrie de notre expérience. D’autres, comme le Dr Dominique Dupagne, créateur de l’excellent site de forums de discussion Atoute, vont encore plus loin en affichant un logo anti-HONcode:

Quels médicaments peut-on couper ou écraser ?

Voici un lien de grande pertinence, transmis par le Dr Anne Frobert:

« Pour tous, patients et médecins, un excellent travail de la pharmacie hospitalo-universitaire de Genève (CH) à propos de la possibilité ou non de les morceler (couper) ou de les réduire en poudre (écraser), selon les spécialités, formes galéniques (comprimés et gélules) et formulations (standard, retard), donc des recommandations d’utilisation des médicaments, originales, utiles et rarement trouvées.

A conserver ! »

 PDF original sur le site de la Pharmacie Hospitalo-Universitaire de Genève (et probablement régulièrement mis à jour

 document de secours en cas de disparition du document original ou d’obsolescence du lien ci-dessus

Prise en charge de la souffrance psychique au travail par les médecins généralistes: enquête auprès de 105 médecins généralistes du Finistère

INTRODUCTION

La souffrance psychique au travail peut se définir comme la conséquence d’un risque psychosocial, c’est-à-dire, à l’interface entre le psychisme de l’individu et son rôle social dans sa fonction de travailleur.

Cette souffrance est devenue un problème de santé publique prioritaire car son coût pour la collectivité et les individus est majeur.

L’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents de travail et des maladies professionnelles) évalue entre 830 millions et 1,6 milliard d’euros le coût minimal du stress au travail en France. Selon la CNAM, 20 % des arrêts de travail longue maladie sont liés à un conflit au travail. Les travailleurs payent parfois de leur vie cette souffrance au travail : les suicides au travail font l’actualité depuis 2006. Rien qu’au techno-centre de Renault-Guyancourt, 4 salariés ont mis fin à leur jour depuis 2006. Les médecins du travail rapportent des cas de suicides au travail déjà depuis la fin des années 1990 (INRS). On parle de 4001suicides en lien avec le travail par an, soit l’équivalent d’un par jour !

La souffrance psychique au travail est donc un problème prioritaire en santé du fait de son coût, de sa fréquence et de sa gravité.

C’est un enjeu national. Le Ministre du Travail des Relations sociales et de la Solidarité a confié la mission de déterminer les risques psychosociaux en France à P. Nasse (magistrat honoraire) et P. Légeron (médecin psychiatre) afin d’entreprendre des mesures de prévention au sein des organisations du travail (Rapport remis en mars 2008)

Les chefs d’entreprises sont tenus par le code du travail de mener des actions de prévention vis-à-vis des souffrances psychiques au travail. Et depuis la loi de janvier 20023, le code du travail définit également tout un arsenal juridique contre le harcèlement moral. La CNAMTS et l’INSERM mènent régulièrement des études sur le sujet afin d’en définir les impacts et les actions à envisager.

Différentes professions ou collectifs se sont également intéressées à ce sujet et ont tenté d’apporter des réponses : les médecins du travail, les syndicats, les psychiatres, les psychologues et psychanalystes et aussi les avocats.

Et les médecins généralistes ? N’ont-ils pas eu le temps de se questionner sur ce problème ? Eux-mêmes noyés dans leur propre souffrance au travail ? Que font les médecins généralistes sur le terrain ? Eux qui sont en première ligne et souvent les premiers concernés. Ils sont fréquemment les premiers interlocuteurs de ces patients en souffrance qui viennent chercher un arrêt de travail pour s’extirper d’une situation intenable pour eux. Les médecins généralistes sont aussi les interlocuteurs privilégiés de leurs patients qu’ils connaissent de longue date. Les patients viennent donc y chercher un soutien moral et des conseils pour leurs démarches éventuelles. Il s’agit d’une tache complexe et lourde tant au plan émotionnel que technique. D’un point de vue pratique, les médecins généralistes doivent en effet savoir vers qui orienter leurs patients. Et la question du temps à consacrer à ce genre de consultation est importante. Comment font-ils ? Prennent-ils en charge leurs patients selon les conseils de bonne pratique donnés par les experts dans les publications en Médecine Générale (la Revue du praticien Médecine Générale) ?

Quatre articles traitent ce sujet depuis mai 2001 jusqu’à décembre 2007. Les trois premiers concernent essentiellement le harcèlement moral. Ces articles donnent des conseils de prise en charge pour les médecins généralistes. Ils sont rédigés par des experts reconnus dans le domaine. Ces articles ne sont pas des recommandations mais des simples conseils d’experts qui proposent des pistes pour la prise en charge de la souffrance psychique au travail par les médecins généralistes. Il n’existe pas pour l’instant de recommandations officielles ou de conférences de consensus dans ce domaine pour les médecins généralistes. Il existe cependant une littérature plus abondante à l’encontre des médecins du travail mais on ne peut pas superposer la pratique du médecin du travail à celle du médecin généraliste, tant les tâches sont différentes. Le médecin du travail agit directement dans l’entreprise, sur son fonctionnement pour trouver une solution pratique à la cause de cette souffrance : adaptation de poste, changement de poste et parfois déclaration d’inaptitude quand aucune solution dans l’entreprise n’est trouvée. Le médecin généraliste lui agit en externe et est la personne qui extrait le patient, bien souvent, de la situation qui le met en souffrance : prescription d’arrêt de travail, de psychotropes et rédaction de certificats pour ses démarches éventuelles. Malheureusement, il agit en quelque sorte « en aveugle » car il n’est pas au courant de l’ensemble de la situation complexe au travail, comme l’est le médecin du travail sur place.

En effet, il ne voit le problème qu’à travers les yeux de son patient, qu’en fonction de ce qu’il lui rapporte.

Les questions suivantes sont alors posées concernant les pratiques des médecins généralistes :

 Les médecins généralistes demandent-ils à leurs patients si leur souffrance est en lien avec leur travail ?

 Les médecins généralistes prennent-ils le temps d’écouter leurs patients ? Quelle est la durée moyenne d’une consultation pour souffrance au travail ? Explorent-ils les mécanismes entrainant cette souffrance ?

 Les médecins généralistes agissent-ils suffisamment tôt ? Ecartent-ils la source de souffrance en arrêtant leurs patients ? Prescrivent-ils des anxiolytiques et /ou des antidépresseurs ?

 Orientent-ils leurs patients vers les médecins du travail ?les psychiatres ?les psychologues ?les consultations spécialisées ?le médecin conseil de la sécurité sociale ?le service social de l’entreprise? l’inspection du travail ?l’assistante sociale ?le juriste ?

 Les médecins généralistes rédigent-ils des certificats médicaux aux médecins du travail pour préciser l’évolution de l’état clinique de leurs patients ?

 Les médecins généralistes conseillent-ils à leurs patients de consigner la chronologie des faits (surtout pour les cas de harcèlement ou conflit au travail) ?

L’objectif de cette étude est double :

 mieux connaitre les pratiques des médecins généralistes face à la thématique souffrance psychique au travail.

 explorer des questions plus spécifiques (cf. ci-dessus) en lien avec les conseils de référents publiés dans les revues de Médecine Générale.

Le questionnaire envoyé aux médecins généralistes explore également certaines recommandations de pratiques données pour le dossier médical en santé au travail (DMST) (Dossier médical tenu par les médecins du travail). Le DMST a fait l’objet d’une recommandation de l’HAS (Haute Autorité de Santé) en janvier 2009 (http://www.has-sante.fr). Il s’agit de recommandations produites par un consensus formalisé. Ces données ont donc été explorées :

  • le profil patient.
  • les facteurs de risques au travail.
  • les antécédents.
  • les addictions en lien avec le travail.
  • les arrêts de travail.
  • les « symptômes physiques ou psychiques et le lien possible entre les symptômes et une exposition professionnelle ».
  • les prescriptions et avis spécialisés.
  • l’information du patient.

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